Valence - Reynolds enfume le Conseil Municipal

Publié le par Valentin

Je dois vous avouer que j'ai mal dormi hier soir, comme certainement depuis de nombreux mois beaucoup de familles touchées par le drame de Reynolds.

J'étais présent au Conseil Municipal de ce lundi. Une cinquantaine de Reynolds s'y était invité pour exprimer leur légitime colère. Désespérés, dégoûtés, meurtris... Les qualificatifs me manquent pour décrire la detresse à laquelle j'ai assisté. Mais je n'ai pas de mots non plus pour dépeindre la violence et la haine qui se dégageaient de certains, venus simplement pour "foutre le bordel", en venant accuser la Ville de Valence de la fermeture du site de Reynolds. Comment peut-on accuser une petite collectivité quand l'Etat lui même semble impuissant face aux délocalisations ? Ce procés là est injuste tout comme l'est ce que vivent de plein fouet les Reynolds.

Au milieu des pétards, sifflets et huets, aucun dialogue n'a pu avoir lieu. Désemparée, Mme le Maire a alors décidé de se lever et de quitter la salle du Conseil Municipal, suivie de sa majorité. Un semblant de calme est revenu quand les élus ont rejoint la salle du Conseil et que Mme le Maire tenta de reprendre la parole... Mais de nouveau, pétards, sifflets, huets et dialogue de sourd. Le seul moment de silence dans les rangs des Reynolds était pour écouter Jean-Michel BOCHATON, leader communiste de l'opposition. A se demander si tout cela n'avait pas été orchestré par le Parti Communiste, s'est interrogée Mme le Maire, s'étonnant par la même occasion de ne pas avoir en face d'elle le représentant du personnel qu'elle avait eu depuis le début de la crise. Les Réynolds sont repartis comme ils étaient venus, en lançant des fumigènes dans l'Hôtel de Ville, enfumant entièrement la salle du Conseil Municipal et en déversant de l'encre sur les marches de la Mairie, comme pour laisser une marque indélébile de leur histoire à Valence.

Au-delà de la maladresse d'un Maire mal-à-l'aise, au-delà de la récupération de la crise par le parti communiste, au-delà de la detresse et de la "violence" des Reynolds, le "spectacle" auquel j'ai assisté hier soir en dit long sur le douloureux problèmes des délocalisations :
des salariés en lutte pour sauver leur emploi et leur outil industriel, ne pouvant accepter l'inacceptable, attendant des solutions de politiques impuissants face aux logiques financières de multinationales... Et pourtant, je veux croire qu'il n'y a pas de fatalité.

Publié dans Ma ville : Valence

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Diogene 06/02/2007 09:41

Bonjour,A la faveur d'une recherche de liens pointant vers mon site, je découvre votre blog. Je n'ai pu encore tout lire. Comme vous, je regrette ce qui c'est passé à la mairie, mais je regrette aussi les discours non suivis d'effets. Ce que j'écris ne donne qu'une très faible idée du désarroi dans lequel se trouvent certains salariés. Je vous rassure, il n'y a pas eu de manipulation politique, crypto-communiste, anarchique, que sais-je encore ... Par contre, les constats amers rendent en effets communes, certaines visions des choses.Je regrette néanmoins que nous n'ayions pu échanger à Romans. Cordialement.